
Contraintes :
Votre texte doit être un récit entièrement à l’imparfait, au plus que parfait et au passé simple, dans l’esprit des contes.
La première phrase: “Il était une fois une enfant solitaire qui avait découvert qu’elle possédait le don de lire dans les
pensées des adultes.” et la dernière phrase “Or ce fut ce jour-là que sa confiance dans le monde des adultes se brisa.”
doivent impérativement figurer dans vos textes. Il doit faire maximum 2500 caractères espaces compris.
Semaine 6
Il était une fois une enfant solitaire qui avait découvert qu’elle possédait le don de lire dans les pensées des adultes. Elle s’appelait Mélodie. Malheureusement, elle n’arrivait pas à contrôler son don. Elle savait pertinemment que les dons magiques n’étaient pas acceptés dans son village. Sa mère, troubadour du village, n’était déjà pas vraiment appréciée dans le voisinage. Son plus jeune frère, qui peinait à maîtriser les flammes, s’était brûlé vif de cela quatre années. Mélodie ne tenait pas à se faire remarquer, ni à utiliser son don.
Pourtant, lorsque Mélodie eut treize ans, elle s’intéressa de plus en plus à la vie des adultes. Elle déclenchait son don de plus en plus, au risque que sa mère ou ses instituteurs le remarquent.
Un beau jour d’été, Mélodie se rendit à la bibliothèque pour emprunter quelques romans. Elle surprit une dispute entre le propriétaire du restaurant voisin, M.Thomas, et la bibliothécaire. Celle-ci protestait que les livres étaient en parfait état lorsque le fils du restaurateur les avait empruntés, mais il ne voulait rien entendre : la tache de café figurait déjà sur la page 166 des “Fantastiques Aventures de Mademoiselle Potiron”.
Mélodie ne put s’en empêcher. Elle s’approcha du comptoir et chercha le regard du propriétaire. Il lui jeta un coup d’œil rapide plein de mépris, mécontent qu’une gamine vienne l’interrompre. Elle en profita pour se plonger dans ses pensées.
Un brouillard remplit d’images apparut devant la jeune fille. Elle séléctionna une scène qui s’était passée plus tôt dans la matinée. Elle revit le fameux recueil de contes à travers les yeux de M.Thomas, dans les mains de son fils. Elle – enfin, le restaurateur – tenait une tasse de café dans la main. Alors que son fils riait à plein poumons, elle s’approcha pour voir le livre et le passage drôle, page 166. Le coude de son fils qui gigotait la heurta dans l’estomac et elle renversa sa tasse de café sur le livre.
Mélodie ressortit du souvenir, un peu troublée. Il avait menti ? Mais… pourquoi ?
Au lieu de s’extraire des pensées de l’homme, elle fut entraînée plus profondément dans sa mémoire. Elle vit une femme blonde assise devant une machine à écrire, sans doute sa femme. Pourquoi Mr.Thomas pensait-il à ça en ce moment ? Elle se concentra sur le titre – “Les Fantastiques Aventures de Mademoiselle Potiron”.
Ainsi, sa femme avait écrit le livre ? Mais pourquoi mentir ? Elle ne comprenait rien à ses intentions.
Un autre souvenir attira son attention : une autre femme, assise à côté d’elle dans un restaurant. M.Thomas se pencha pour l’embrasser.
Puis il y eut un autre souvenir. Une salle de tribunal. Des papiers de divorce à signer…
Elle fut précipitée d’un souvenir à l’autre, à la même vitesse que les pensées de M.Thomas. Une salle d’hôpital, un docteur qui secouait la tête, un stéthoscope à la main.
Changement de souvenir. Une pierre tombale dans un cimetière ensoleillé.
Puis, cette même bibliothèque. Mr.Thomas contemplait la rangée de livres classés “contes d’enfants”. Devant lui, la reliure du recueil, ainsi que quatre autres romans et albums pour enfants.
Mélodie émergea des pensées du restaurateur, plus troublée que jamais. Cet homme avait trompé sa femme, divorcé, puis quand elle mourut il se réfugia dans le passé, plein de regrets s’avoir ruiné leur relation ? Le monde des adultes était décidément bien trop compliqué. Et cette femme, la bibliiothécaire, avait-elle elle aussi des secrets ?
Après coup, elle fut surprise d’avoir pu naviguer dans les pensées de cette manière, sans causer de changements majeurs.
Elle aurait dû se réjouir de savoir enfin maîtriser son don. Or ce fut ce jour-là que sa confiance dans le monde des adultes se brisa.
Castille VM.