
Consigne :
Vous marchez dans la rue/sur la plage/hors de chez vous, et vous croisez un(e) passant(e). À partir de sa silhouette,
de son expression, de la manière dont l’inconnu(e) vous frôle, vous regarde, ou au contraire vous ignore,
vous reconstituez son existence.

Contraintes :
Votre texte doit être écrit au présent, à la troisième personne. Vous ne devez pas vous attarder sur la rencontre de hasard,
mais aller directement à l’évocation de la vie de ce personnage, dont chaque aspect doit être connecté à
un détail/une particularité de la personne, qui vous a frappé(e). Il doit faire maximum 2500 caractères espaces compris,
et ne pas comporter plus de 10 adjectifs.
Semaine 1
Une fillette sautille sur le trottoir en agrippant la main de sa mère. Elle tient un ours en peluche marron par le bras, sans remarquer que du sable s’écoule du corps de l’ours par sa jambe droite. Elle l’emmène partout avec elle, comme le font beaucoup d’enfants de 4 ans. Elle ne ressemble pas à une Aimée, ce qui est le nom que sa mère a choisi pour elle. Non, elle aimerait s’appeler Katharina, comme sa meilleure amie, qui apparaît dans une photo dans le pendentif doré qui pend au cou d’Aimée.
Ses cheveux blonds sont coiffés en deux tresses autrichiennes avec deux nœuds rose bonbon. Katharina lui a appris à tresser, et lui a donné les nœuds pour son troisième anniversaire. Depuis, elle harcèle sa mère tous les matins pour qu’elle lui en fasse pour l’école – aujourd’hui, elle a cédé au caprice.
Elle affiche un sourire dévoilant toutes ses dents en réfléchissant à la glace qu’elle prendra. Sa mère et elle sont en route vers le glacier du coin de la rue, pour se rafraîchir en cette journée de canicule. Elle aime bien ce glacier, car il ne faut pas trop marcher. Elle sait bien que le sport, c’est utile – elle l’a vu à la télévision, dans les documentaires que sa mère regarde tous les mardi soirs –, mais ça n’empêche pas qu’elle n’aime pas marcher, surtout dans ces sandales qui lui font mal. Sa mère avait dit qu’elle ne pouvait pas les rendre, alors maintenant Aimée est forcée de les porter chaque fois qu’elles sortent.
Malgré tout, elle a vraiment hâte de prendre la glace, ça se voit à l’éclat dans ses yeux grand ouverts. Elle connaît les parfums par cœur – caramel, pistache, chocolat, café, vanille, mangue, melon, fruits rouges, chewing-gum, noisette, cookies et cerise. Normalement, elle prendrait une boule de glace au caramel, mais le monsieur qui tient le glacier a changé le type de glace, qui ne plaît plus à Aimée. Peut-être qu’elle devrait essayer un nouveau goût, comme pistache ? Non, elle préfère se tenir à ce qu’elle connaît.
Elle prendra un cornet de glace à la cerise.
Cela vaut pour tout, d’ailleurs. Aimée a toujours peur d’essayer de nouvelles choses. Elle trouve que ça ne sert à rien de risquer quoi que ce soit quand on est parfaitement heureux.
Et elle l’est, heureuse. Elle aime et admire sa mère, même si elle lui tire le bras trop fort parfois et si sa cuisine est horrible. Ça se voit à la manière dont elle sautille prudemment, seulement dans ce chemin qu’elle connaît si bien. Et ça se voit à son regard admiratif pour sa mère, et sa mère seulement.
Castille VM.
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El O’Hzo le Magicien :
El O’Hzo était un magicien connu dans tout le pays. On venait de loin admirer cet homme transparent. Tout le monde croyait en sa magie, sauf quelques personnes convaincues que la magie n’existait pas et que cette transparence n’était que le fruit de technologies de pointe. Elles décidèrent d’aller voir M. Ferrars, le patron de M. El O’Hzo. Celui-ci leur fit un marché : si des personnes arrivaient à lui fournir trois preuves de l’inexistence de la magie du Magicien, il consentirait à le renvoyer. Trois personnes se mirent donc en tête de prouver l’inexistence de la prétendue magie du très réputé Magicien El O’Hzo.